Alpes-Maritimes : lancement des Assises de la forêt pour élaborer une feuille de route avant juin
Dans un contexte marqué par l’urgence climatique et la nécessité de préserver les richesses naturelles, les Alpes-Maritimes ont récemment donné un nouveau souffle à leur engagement pour la forêt. Le préfet Laurent Hottiaux a officiellement lancé les Assises de la forêt, une démarche participative qui engage élus, professionnels, associations environnementales et acteurs économiques du territoire. Cette initiative vise à définir d’ici juin une feuille de route ambitieuse pour répondre aux défis multidimensionnels que rencontrent les forêts de la région.
Avec près de 67 % de son territoire couvert par des espaces boisés, le département des Alpes-Maritimes détient un des patrimoines forestiers les plus importants de France. Face aux épisodes climatiques extrêmes, tels que les sécheresses persistantes et les incendies de plus en plus fréquents, le besoin d’une stratégie concertée pour garantir la santé et la vitalité de ces milieux se révèle crucial. Cette mobilisation collective promet de positionner la forêt comme un pilier central du développement durable local, en conciliant protection de la biodiversité et valorisation économique.
Les Assises, qui se dérouleront jusqu’en juin 2026, sont organisées sous forme d’ateliers thématiques et de débats, avec pour ambition de rassembler la diversité des acteurs autour d’enjeux communs. Il ne s’agit pas seulement d’un état des lieux, mais d’une invitation à imaginer et co-construire avec soin l’avenir de la forêt dans un esprit d’écologie pragmatique et d’innovation. Cette dynamique s’inscrit pleinement dans la vision nationale portée par le ministère de la Transition écologique qui, à travers ces assises, encourage une gestion forestière durable et adaptée aux mutations environnementales.
La forêt des Alpes-Maritimes : un enjeu stratégique pour la région
Le département des Alpes-Maritimes est marqué par un paysage naturel profondément dominé par la forêt. Sur plus des deux tiers du territoire, ces espaces boisés jouent un rôle fondamental non seulement pour la nature, mais aussi pour les populations qui y vivent.
En tant que réservoir de biodiversité, la forêt abrite une diversité exceptionnelle d’espèces animales et végétales. Cet écosystème complexe est indispensable à la préservation des équilibres naturels et à la résilience face aux changements environnementaux. Par ailleurs, la forêt est un puits de carbone essentiel, fixant le CO2 atmosphérique et contribuant activement à la lutte contre le réchauffement climatique.
Mais au-delà de ces aspects, les forêts des Alpes-Maritimes sont aussi un outil préventif contre les risques naturels qui frappent régulièrement la région. Elles jouent un rôle clé dans la prévention des avalanches, des glissements de terrains et limitent l’intensité des inondations, en stockant et régulant les eaux de pluie. L’importance de cette multifonctionnalité place la forêt au cœur des politiques territoriales.
Éric Lefebvre, directeur départemental des Territoires et de la Mer, rappelle que cette richesse représente autant une opportunité à valoriser qu’une responsabilité à assumer collectivement. C’est autour de cette idée qu’a émergé la nécessité de lancer les Assises de la forêt, visant à mettre en dialogue les différents acteurs concernés et à concevoir une politique forestière adaptée et durable.
Il est fondamental que cette forêt continue à apporter ses multiples services au territoire tout en s’adaptant à un environnement en pleine mutation. La concertation, à travers les ateliers qui se tiendront au cours des prochains mois, favorisera l’émergence d’une vision partagée, et permettra d’identifier les priorités d’action pour une gestion responsable et innovante.

Les conséquences du changement climatique sur la forêt des Alpes-Maritimes
Le climat joue un rôle prépondérant dans la santé et la durabilité des forêts. Cependant, dans les Alpes-Maritimes, les signes de stress climatique sont désormais bien visibles et préoccupants. Le réchauffement global conduit à une multiplication des épisodes de sécheresse, fragilisant les écosystèmes forestiers et augmentant leur vulnérabilité.
Cette fragilisation se manifeste notamment par une réduction de la croissance des arbres, une augmentation des maladies et la modification de la composition des essences. Certaines espèces traditionnelles, adaptées à des conditions climatiques plus fraîches, se voient particulièrement menacées, laissant la place à d’autres essences plus résistantes, mais souvent moins favorables à la biodiversité locale.
De plus, les incendies de forêt, qui représentent une menace récurrente dans la région, gagnent en fréquence et en intensité avec le dérèglement climatique. Cette situation accroît la nécessité de mettre en place des actions de prévention rigoureuses et des réponses adaptées pour limiter les dégâts causés.
Face à ces enjeux, le préfet Laurent Hottiaux insiste sur l’urgence d’intervenir avec des mesures concrètes et coordonnées. Il rappelle que les épisodes de chaleur records observés ces dernières années ne sont pas des anomalies isolées mais le reflet d’une tendance qui devrait se confirmer, amplifiant ainsi les risques pour la forêt et pour les populations qui en dépendent.
Pour illustrer cette réalité, un intervenant aux Assises a indiqué : « L’inaction est un risque bien plus grand que l’action. Il faut anticiper rapidement pour que nos forêts puissent continuer à jouer leur rôle vital dans l’équilibre de notre écosystème ». Cette prise de conscience collective souligne l’importance d’accorder aux forêts une place stratégique dans les politiques publiques locales.
En parallèle de la prévention des risques, des réflexions sont menées sur la régénération forestière et l’adaptation des essences. Le travail porte également sur la mobilisation du bois local, en veillant à concilier valorisation économique et respect des cycles naturels. Ce mélange de contraintes et d’opportunités nourrit la dynamique des Assises, comme l’explique le directeur départemental des territoires et de la mer.
Concertation et co-construction : les piliers des Assises de la forêt dans les Alpes-Maritimes
Le lancement des Assises de la forêt marque une étape majeure dans la démarche de concertation entre tous les acteurs concernés par la gestion forestière dans les Alpes-Maritimes. Cette démarche prône la co-construction, privilégiant l’échange d’expériences, de savoir-faire et de propositions.
Les participants regroupent une large palette d’acteurs : élus locaux, représentants de l’État, propriétaires forestiers, industriels de la filière bois, associations spécialisées en écologie et en protection de l’environnement, ainsi que les chercheurs. Ce rassemblement vise à mêler les connaissances scientifiques, les impératifs économiques, et les attentes sociétales pour dessiner un avenir commun.
Les ateliers thématiques, prévus en avril à la préfecture, approfondiront des problématiques clés telles que :
- la promotion d’une gestion multifonctionnelle des forêts,
- l’adaptation aux effets du changement climatique,
- la prévention des risques naturels,
- la valorisation durable du bois local,
- et la préservation de la biodiversité.
Parmi les enjeux majeurs, la gestion des conflits d’usage retient une attention particulière. En effet, la forêt est à la fois un espace naturel, une ressource économique, un lieu de loisirs et un patrimoine partagé. Trouver un équilibre entre ces différentes dimensions nécessite un dialogue approfondi et des compromis réfléchis.
Ce processus s’inscrit dans une logique plus large, celle des politiques publiques nationales engagées à travers les Assises de la forêt et du bois, qui posent les bases pour une gestion durable et dynamique des forêts françaises. Les Alpes-Maritimes apportent ainsi leur contribution locale à cette grande mobilisation nationale.
Dans cette perspective, la feuille de route qui sera présentée en juin se veut un document opérationnel et ambitieux, intégrant à la fois des mesures de court terme et des orientations stratégiques pour les années à venir. Elle définira les responsabilités, la gouvernance et les priorités d’action, et devra être suivie par des engagements concrets.

Les défis économiques et environnementaux autour de la mobilisation du bois local
La forêt des Alpes-Maritimes ne doit pas uniquement être perçue comme un espace naturel à protéger, mais également comme une ressource économique précieuse. La mobilisation durable du bois local constitue un levier capable de soutenir l’économie locale tout en respectant l’équilibre écologique.
Cette mobilisation implique plusieurs défis, qui seront abordés sous l’angle de la durabilité et de la responsabilité. Tout d’abord, il s’agit de concilier exploitation du bois et maintien des fonctions écologiques et sociales de la forêt. Cela demande une gestion fine et réfléchie, qui évite les surexploitations et favorise le renouvellement des peuplements forestiers.
Ensuite, la diversification des essences pour s’adapter au changement climatique est une nécessité. Cette adaptation permet d’augmenter la résilience des forêts, en introduisant ou renforçant des essences mieux adaptées aux nouvelles conditions environnementales. Ce processus nécessite de l’innovation, des expérimentations sur le terrain et un suivi rigoureux.
| Défis | Solutions envisagées | Exemples concrets |
|---|---|---|
| Prévention des incendies | Gestion active des sous-bois, pistes pare-feu, surveillance renforcée | Création de corridors pare-feu dans les zones à risques élevés |
| Régénération forestière | Reboisement avec essences adaptées au climat local | Plantations expérimentales introduisant des résineux substitutifs |
| Valorisation économique du bois | Encouragement à l’utilisation locale et circuits courts | Mise en place de coopératives locales pour transformation du bois |
La gestion durable passe également par le développement de filières courtes et locales, gérées par des acteurs engagés qui maîtrisent bien les conditions spécifiques de la forêt maralpine. Ceci garantit une meilleure traçabilité, valorise la qualité du produit et contribue à la création d’emplois dans les territoires ruraux.
Au-delà de la dimension économique, cette mobilisation du bois est un enjeu essentiel pour la protection de l’environnement et le maintien de la biodiversité. En effet, une forêt bien gérée est capable de soutenir les fonctions écologiques fondamentales tout en offrant des ressources renouvelables.
Diagnostic, planification et acteurs clés pour une gestion forestière durable dans les Alpes-Maritimes
La réussite des Assises de la forêt dans les Alpes-Maritimes repose sur une connaissance approfondie et partagée de l’état des lieux. Cette démarche vise à dresser un diagnostic précis des forêts, incluant leur état sanitaire, leur composition, et leur dynamique sous l’effet des stress climatiques.
Cette connaissance est indispensable pour orienter les décisions et prioriser les actions à moyen et long terme. À travers des études, des relevés et une observation continue, les équipes impliquées enrichissent la base de données pour mieux anticiper les évolutions.
La feuille de route, fruit de cette démarche collective, s’appuiera sur quatre piliers fondamentaux :
- La connaissance et la surveillance des forêts pour anticiper les évolutions climatiques et les impacts.
- L’adaptation des pratiques sylvicoles pour garantir la résilience des écosystèmes.
- La mobilisation concertée des acteurs et la gouvernance partagée.
- La promotion d’une multifonctionnalité renforcée valorisant les fonctions économiques, écologiques et sociales.
Cette vision intègre aussi la prévention renforcée des risques naturels et la recherche de solutions pour minimiser les conflits d’usages. Le préfet Laurent Hottiaux a souligné combien la dynamique locale s’aligne avec les ambitions nationales exposées lors des Assises nationales de la forêt et du bois.
Parmi les acteurs clés, on retrouve les institutions publiques, les collectivités territoriales, les professionnels de la filière bois, mais aussi les associations de protection de la nature, qui jouent toutes un rôle essentiel dans cette gouvernance collective. Cette pluralité favorise l’émergence d’actions concrètes et adaptées à la réalité du terrain.
Enfin, le calendrier est fixé : les ateliers thématiques le 2 avril et la séance de clôture prévue le 12 juin au Palais des Rois Sardes de Nice, avec la présentation d’un plan d’action départemental, marquent des étapes importantes du processus.

Quels sont les objectifs principaux des Assises de la forêt dans les Alpes-Maritimes ?
Les Assises visent à élaborer d’ici juin 2026 une feuille de route pour protéger la forêt face au changement climatique, valoriser la filière bois locale, prévenir les risques naturels et préserver la biodiversité.
Pourquoi la forêt est-elle fondamentale dans les Alpes-Maritimes ?
La forêt couvre 67 % du territoire et joue un rôle crucial comme réservoir de biodiversité, puits de carbone et barrière naturelle contre les risques tels que les avalanches et glissements de terrain.
Quelles sont les principales menaces qui pèsent sur la forêt locale ?
Le changement climatique entraîne des sécheresses prolongées, une augmentation des incendies et met en danger les essences traditionnelles, nécessitant une adaptation des pratiques sylvicoles.
Comment se déroule la concertation dans le cadre des Assises ?
La concertation rassemble élus, professionnels, associations et chercheurs à travers des ateliers thématiques pour co-construire une politique forestière durable et multifonctionnelle.
Quel est le rôle de la mobilisation du bois local dans le développement durable ?
Elle soutient l’économie locale tout en respectant les équilibres écologiques, en favorisant les circuits courts, la diversification des essences et une gestion responsable du renouvellement forestier.
