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Montée des marches : le protocole du Palais des Festivals

Avatar de Léna Fabiani

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La première fois qu’on assiste à une montée des marches depuis les gradins de la Croisette, on croit voir un défilé improvisé. C’est l’inverse : rien n’est laissé au hasard. Le protocole du Palais des Festivals et des Congrès encadre chaque minute, de l’arrivée des premières voitures noires jusqu’à la fermeture des portes du Grand Théâtre Lumière.

Le tapis rouge n’est pas un décor, c’est un sas

Le tapis rouge fonctionne comme un sas de tri. Les invités montent par vagues successives et strictement ordonnées : équipes techniques et personnalités institutionnelles d’abord, puis le casting du film présenté, l’équipe de réalisation ensuite, et enfin la présidence du jury et les invités d’honneur, qui referment la séquence juste avant la fermeture des portes. Un badge en règle ne garantit pas de monter au moment souhaité : il garantit seulement l’accès à la vague qui correspond à sa catégorie.

La tenue, premier filtre avant même le badge

Le règlement du soir impose une tenue de soirée pour toute personne montant les marches en amont d’une projection officielle : smoking ou costume sombre pour les hommes, robe longue pour les femmes, sauf exceptions accordées au cas par cas pour des raisons de mobilité. Les chaussures plates ont fini par être tolérées après plusieurs polémiques sur les talons obligatoires, mais l’ensemble reste strict : pas de baskets, pas de tenue courte, pas de jean, même sous un long manteau. Un contrôle visuel se fait avant même le contrôle du badge, en bas des marches.

Le cordon des photographes, dernier verrou avant la salle

En haut des marches, avant d’entrer dans le Grand Théâtre Lumière, chaque invité traverse un cordon de photographes accrédités, positionnés sur des estrades numérotées selon leur média. L’ordre de passage y est aussi minuté qu’en bas : une poignée de secondes par personnalité, un signal sonore pour avancer, et un chef de protocole qui rappelle à l’ordre ceux qui s’attardent pour les photos. Ce goulot d’étranglement explique pourquoi une montée des marches, qui semble fluide à la télévision, prend en réalité près d’une heure pour remplir le Grand Théâtre Lumière, dont la salle compte 2 300 places.

Qui a vraiment le droit d’être là

Le grand public confond souvent trois catégories d’accès qui n’ouvrent pas du tout les mêmes portes. Le badge marché, délivré aux professionnels inscrits au Marché du Film, donne accès à des projections de travail, pas à la montée des marches officielle du soir. L’accréditation presse suit une hiérarchie de couleurs qui détermine la file d’attente et l’heure de placement. Et la Semaine de la Critique, section parallèle et indépendante du Festival, gère ses propres accréditations et sa propre montée des marches, plus courte, sur un tapis différent de celui du Palais principal : beaucoup de visiteurs de passage sur la Croisette la prennent pour une répétition, alors qu’il s’agit d’un événement à part entière avec sa sélection propre.

Ce que le protocole impose, minute par minute

Le tableau ci-dessous résume ce qui change selon le moment de la soirée. C’est la question qui revient le plus quand on m’arrête devant les barrières : « à quelle heure ça vaut le coup de venir ? »

Moment de la journée Tenue attendue Accès concerné Qui délivre le badge
Fin d’après-midi (projections professionnelles) Tenue de ville correcte Marché du Film Organisation du Marché du Film
Début de soirée (première montée des marches) Smoking / robe longue stricte Projection officielle, invités et presse prioritaire Direction du Festival
Soirée avancée (deuxième montée, public trié) Smoking / robe longue, tolérance sur les chaussures Projection officielle, deuxième vague Direction du Festival, via partenaires et institutions
Fin de soirée (Semaine de la Critique) Tenue de soirée, moins stricte que le Palais principal Sélection parallèle, salle dédiée Association de la Semaine de la Critique

Ce que peu de spectateurs savent

Le protocole prévoit aussi un droit de retrait : un chef de protocole peut refuser de faire monter quelqu’un jusqu’à la dernière seconde, y compris un invité déjà en smoking et déjà badgé, si un impératif de timing l’exige. C’est rare, mais cela arrive quand une minute de retard sur une vague menace de décaler toute la soirée. À l’inverse, rater sa vague ne veut pas dire rater la séance : des accès de secours, moins photogéniques, permettent de rejoindre sa place par les coulisses.

Pour ceux qui veulent composer une tenue de soirée sans se tromper de matière avec la chaleur de mai, on a détaillé quelques repères utiles dans notre rubrique mode et beauté. Et si le protocole du Festival vous a donné le goût des rendez-vous culturels qui rythment l’année sur la Côte, on a recensé l’essentiel dans notre agenda des sorties et événements.

Au final, retenir une seule règle suffit pour ne pas se faire recaler en bas des marches : le badge ouvre une porte, la tenue en ouvre une deuxième, et l’heure d’arrivée détermine laquelle des deux vagues vous concerne vraiment.


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